mardi 20 novembre 2018

QUEYREL Guillaume dit Etienne

Guillaume est né le 13 octobre 1786, au lieu de « Franchemont » à Bergerac. Il est baptisé le lendemain de sa naissance.



Il est l'enfant de Pierre et Jeanne ROUX, le second d’une fratrie de quatre enfants. A Bergerac, il est laboureur, comme son père, puis, après son mariage, le 5 mai 1814 à Bergerac, avec Marie FOURNIER, nous le retrouvons métayer chez Monsieur TAILLEFER au lieu du « Vignal » à Lamonzie-Saint-Martin. De son union avec Marie, naîtront sept enfants :

- Suzanne née en 1815 à Bergerac au lieu de « l’Alba »

- Jeanne née en 1817 à Bergerac au lieu de « la Brunetière »

- Lors de la naissance des jumeaux Pierre et Etienne, en 1821, le couple habite au lieu de « La Gravouse » à Bergerac. Pierre et Etienne décèderont en bas-âge, l’un en 1822 et l’autre en 1823.




- Jeanne dite « Anne » née en 1823

- Pierre, né en 1825

- Jean, né en 1828

Les deux derniers enfants naissent à Lamonzie-Saint- Martin.

Au recensement de 1836, nous trouvons la famille toujours installée à Lamonzie-Saint-Martin. Il ne reste que trois enfants à charge plus Marie, la sœur de Guillaume, qui vit avec eux



Guillaume décédera à Bergerac, le 7 décembre 1859 à l’âge de 73 ans… deux ans après sa femme.

Par Maryse GRENIER.

lundi 19 novembre 2018

PUYRINIER Joseph Arnaud

Mon arrière-grand père de Ribérac.
Il est né à Saint-Sulpice-de-Roumagnac en Dordogne, le 8 juillet 1832.

Il est le fils de Jean Baptiste Puyrinier ou Puyrenier, l’orthographe du nom n’est pas encore bien fixée et subira encore quelques variantes. La profession de ce dernier à la naissance de Joseph Arnaud est Artiste Vétérinaire, il semblerait que de père en fils, les Puyrinier aient été Artistes vétérinaires et Maréchaux Vétérinaires à saint-Sulpice-de-Roumagnac. Le grand-père prénommé Jean avait fait l’objet d’un article dans les annales de l’agriculture en 1818 pour ses compétences dans les soins aux animaux. Joseph Arnaud est le sixième enfant de la famille qui en comportera 7, il ne sera donc pas l’héritier de cette tradition qui reviendra à son frère ainé Jean Augustin, le dernier à la pratiquer. La loi ayant modifié entre temps la pratique et les études vétérinaires et de ce fait il ne sera plus possible d’exercer le métier en tant que Maréchal-ferrant vétérinaire. Le dernier des Puyrinier, ayant eu une profession liée au cheval sera Hongreur. Arnaud a vécu longtemps à Saint-Sulpice-de-Roumagnac avant que la famille ne vienne s’établir à Ribérac.

Portrait physique : cheveux et sourcils châtains, yeux gris, front bas, nez bien fait, bouche petite, menton rond, visage rond. Taille : 1,59 m


Si j’ai choisi de parler de mon arrière-grand-père, c’est qu’il est le fruit d’une union peu commune.
Sa mère, Marie Justine de Lavergne appartenait à une famille de petite noblesse du Périgord, elle vivait au Château de Lavergne à Petit Bersac, fille de Pierre-Louis de Lavergne, Chevalier de Saint-Louis et capitaine au Régiment du Vermandois et de Marie Pauline de Touros, comtesse d’Heinz et chanoinesse de Walbourgis en Westphalie, elle avait résidé en Prusse un certain temps avec son père, passé au service du Roi de Prusse en 1768 ! Celui-ci sera général major et brigadier-chef des ingénieurs militaires, il restera en Prusse jusqu’à sa mort à Luckenwald, mais ceci est une autre histoire !

Selon un récit familial, Jean Puyrinier, le père d’Arnaud s’occupait des chevaux du domaine et serait tombé amoureux de la demoiselle qui aurait répondu à ses sentiments. Le mariage eut donc lieu malgré les réticences paternelles, mais la famille de Lavergne était sortie très appauvrie de la révolution et n’avait plus les moyens de paraître, Pierre-Louis de Lavergne avait de nombreuses filles à marier et peu de partis à proximité donc il donna son consentement ! Et après tout, le père du marié était aussi adjoint au Maire de Saint-Sulpice et avait reçu une certaine instruction ce qui en faisait un notable dans son village ! Par ce mariage Joseph Arnaud comptera aussi parmi ses ancêtres, Magdelon Charles-François de Touros, directeur des fortifications de Guyenne et Pyrénées, la famille Orfaure, les familles de Vétat et Poulard de Périgueux et Petit Bersac, enfin sa grande tante Victoire dite « l’américaine » dont une rue de Bordeaux porte le nom et qui fût l’épouse du faïencier Ferdinand Hustin. Justine semble avoir exercé une influence très forte sur sa famille, elle y était surnommée « la comtesse » par ses petits-enfants. Jean Puyrinier, le père d’Arnaud décède en 1849, Joseph Arnaud est encore très jeune, il vivra avec sa mère et son frère aîné à Ribérac.


En 1854, il est recruté pour le Service Militaire, il participe à la guerre de Crimée et reçoit la médaille de la reine Victoria, il terminera en 1866 comme sergent.


Libéré de ses obligations militaires, il exerce l’activité de ferblantier et connaitra sa future épouse Anne Gouaud, mais prénom d’usage « Constance », par l’intermédiaire de l’un de ses beaux-frères Félix Thomas, lui-même ferblantier et marié à une sœur Gouaud. Joseph Arnaud se marie le 26 janvier 1868 à Montpon avec Anne Gouaud, issue d’une famille de cette commune, sa mère Justine est présente lors du contrat de mariage, elle meurt en 1874.



Ils résident par la suite à Ribérac où il continue à exercer son activité, la famille demeure au 6 rue Notre Dame, (figure à cette adresse sur le recensement de 1876), ils auront sept enfants dont trois mourront relativement jeunes. Malheureusement, il tombe malade en 1877 et succombera à une pneumonie, sa femme le suivra 5 ans plus tard.


Les enfants seront répartis chez leurs deux oncles du côté maternel chez les familles Faux et Thomas de Montpon, ce qui explique probablement pourquoi les enfants de Joseph Arnaud s’établiront par la suite à Montpon ou à proximité, Louis, mon grand-père, le fils ainé de Joseph y créera avec ses frères et le concours de Félix Thomas son oncle et tuteur, une entreprise dont l’activité sera dans un premier temps la ferblanterie, puis la plomberie zinguerie. Cette dernière perdurera jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, mais disparaîtra après le décès des fils de Joseph Arnaud.

Par Marie-Thérèse PUYRINIER WACHET.

samedi 17 novembre 2018

ORTHION Marguerite

Quand j’ai découvert que Marguerite était issue d’une famille de colons, dans ma tête sont aussitôt apparues de images de films américains, les grands espaces, les courses effrénées en charriots, à la découverte de nouvelles terres…

Ils arrivaient de je ne sais où pour aller…qui sait où ? En l’occurrence ici, en Dordogne et plus précisément à Saint-Louis sur L’Isle.

Qu’elle ne fût ma déception à la lecture de la définition du mot « colon » : Cultivateur, à l'origine ancien soldat, de condition libre mais assujetti à la terre qu'il travaille pour le compte d'un propriétaire !!!


En fait, ils étaient des gens ordinaires, cultivateurs, menant une vie normale, du moins, je veux bien le croire si ce n’est que, tout en elle sentait la nature. Comme je l’ai dit au début elle se prénommait Marguerite quant à son patronyme, mis à part que l’on ne sait pas où positionner le « H » « Orthion, Ortion, Hortion » il est un dérivé de « Ort », « forme occitane de jardin », surnom d’un possesseur de jardin (Geneanet)

Le décor est planté.
Avec un H comme Hortion Marguerite voit le jour à Saint Louis en l’Isle,(Dordogne), à 2 heures du matin, un 20 janvier 1843, au lieu des Nandilloux.


Elle habite Saint louis en l’Isle jusqu’au décès de sa mère en 1856, avec ses parents :

Pierre ORTION son père, Marie MADILLAC sa mère et ses sœurs (Marie Hortion 1835-1892, Marie Hortion 1838, Marie Hortion 1840),


Comme en témoigne le recensement de 1851 Marie Madillac décédée, Pierre Orthion prend pour épouse Marie Couyrier avec laquelle il a deux enfants , Louis Hortion en 1859 et Jeanne Hortion en 1860


Marguerite devient servante à gages chez Mr Paulias ou Pauliac à Menesplet. C’est là qu’elle rencontre celui qui devient son époux le 28 avril 1862 à Minzac (24272), Jean FORTIN 1832-1871.

Ils habitent le Moulin du Drôle et ont quatre enfants (Pierre FORTIN 1863-1864,Marie FORTIN 1864-1867, Marie FORTIN 1868, Marie FORTIN 1871-1871) Sur le contrat de mariage passé chez Me Delage le 18 avril 1862, on note que Marguerite hérite en indivision des propriétés de sa mère, sises à Saint-Louis en L’Isle. Jean Fortin décède le 26 décembre 1871.
Marguerite ne reste pas longtemps veuve. Elle se remarie le 1er janvier 1873 avec Jean Villechenoux né le 27 mai 1838 à Beauronne, lui-même veuf de Jeanne Guionnie le 9 mai 1871…

Ils ont trois enfants :

André :

Né le 21 août 1874 - Francs, 33570, Gironde, Epouse Anne Tignonma Décédé le 1er janvier 1915 - Bordeaux-Hôpital Temporaire, à l’âge de 40 ans alors qu’il vient juste d’être incorporé(le 15 décembre). Cultivateur

André :

Né le 26/11 :1878 à Minzac 24 Dordogne Epouse Edouara Morandeau Décédé le 26 octobre 1915 Jonchéry, Marne. Mort pour la France.

Antoine

Né le 24 juillet 1887 à Minzac

On perd la trace de Marguerite en 1903 après le mariage de son fils aîné. On sait juste qu’elle est décédée en 1915 lors du décès de ses deux fils.

Alors avec ou sans H ? Il faudrait remonter à la naissance du bourgeon pour en connaître l’écriture exacte.
Par Françoise VILLECHENOUX.

vendredi 16 novembre 2018

Nicolas RAMBOURG

En cette année 1649, un vieillard d’environ 90 ans jette un regard sur l’imposant chantier qui se tient devant lui.


Il est serein, satisfait de son travail, même si celui-ci est inachevé, car après tout, c’est le propre de tous les grands architectes de son époque : partir avant la réalisation complète de leur chef-d’œuvre. Il se souvient de ce vieux château-fort fort délabré, qu’il s’était engagé, il y a plusieurs années, à transformer en une résidence majestueuse et magnifique, destinée à susciter une fierté vaniteuse dans la famille de ses possesseurs, et pour les siècles à venir. Au soir de sa vie, il sait qu’il laisse une trace anonyme pour le commun des mortels, mais pourtant bien visible aux yeux de tous, car sa merveille architecturale marquera durablement le paysage de Hautefort et alentours.

Quel honneur pour Nicolas Rambourg d’introduire en ces fameuses terres ce style moderne né en Italie au siècle précédent. Fameuses terres, disais-je… Cette antique seigneurie, bien qu’excentrée, située sur la bordure est du Périgord et à quelques encablures du Bas-Limousin, entrait en effet dans l’histoire un peu plus de 300 ans auparavant. Son turbulent seigneur de l’époque, Bertrand de Born (1215), n’avait cessé d’alimenter les tensions entre ses suzerains Henri et Richard, les fils d’Aliénor d’Aquitaine, pour tenter de tirer ensuite avantage d’une situation désordonnée. Tout cela en vain, et l’homme voyant ses desseins anéantis s’était retiré du monde, dans l’abbaye voisine de Dalon, laissant cependant à la postérité quelques vers qu’il avait composés sur l’amour courtois et la guerre. Les descendants de ce troubadour finirent par prendre le nom de leur domaine, ils prospérèrent tant, que Hautefort fut érigé en marquisat en 1614.


Et c’est donc sur ces terres qu’au soir de sa vie, Nicolas Rambourg ne peut que contempler le passé et le chemin qu’il a tracé grâce aux opportunités occasionnées par son génie, reconnu par ses contemporains. De son enfance, il se souvient des bords de la Meuse et de l’église paroissiale où il avait été baptisé, à Saint Mihiel en la province indépendante de Lorraine. Il n’y manquait pas d’admirer, à chaque fois qu’il allait prier, une fascinante mise au tombeau, flambant neuve, réalisée par la grande figure de la Renaissance lorraine, Ligier Richier. D’aucuns racontent que ce sculpteur, natif aussi de Saint Mihiel, était allé en Italie dans sa jeunesse où il avait rencontré Michel-Ange. De retour dans son pays natal, il l’avait agrémenté de créations artistiques très proches du style du maître italien. Cependant, les tensions religieuses devinrent telles que le vieux sculpteur qui avait embrassé la religion réformée, fut contraint à l’exil en s’enfuyant à Genève. Étant catholique, le très jeune Rambourg ne fut pas inquiété. Il avait même profité de l’influence des bénédictins de sa ville qui, tout au long du XVIème siècle, n’eurent de cesse d’y promouvoir les Arts. Nicolas Rambourg, tout comme son grand frère Jean, y avait débuté son apprentissage, puis était parti en la ville de Langres, pour y apprendre son art. Les évêques de Langres étaient des personnages puissants, puisqu’une fois nommés, ils étaient automatiquement agrémentés des titres de ducs et pairs de France. Le long épiscopat de Claude de Longwy cardinal de Givry (évêque de Langres de 1528 à 1561) fut très important pour cette ville et ses environs dont il favorisa l’embellissement. Aussi, y officiait un enfant du pays, Nicolas Ribonnier, remarquable ingénieur militaire, architecte, et sculpteur, dont le talent rayonna jusqu’à Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Auprès de ce maître, l’éventail de l’apprentissage de Nicolas Rambourg fut très complet, avec les dernières techniques les plus pointues et à la mode de son temps.

Des proches parents de Claude de Longwy, évêque de Langres, s’allièrent à une famille à la fois originaire du Limousin mais aussi implantée dans le Périgord : les Pérusse des Cars. C’est ainsi qu’en 1572, probablement un peu grâce aux coutumes népotiques de l’époque, Charles de Pérusse des Cars, beau-fils de Françoise de Longwy, fut nommé évêque de Langres. Dans une famille, la présence d’un tel prélat est une opportunité sans équivalent, elle est un véritable tremplin, permet d’augmenter l’influence, l’importance et la réputation de sa parenté. Le frère de l’évêque, François de Pérusse des Cars, chef de la maison, décida de remanier certaines de ses propriétés. En 1582, il venait d’acheter à Henri de Navarre (futur roi Henri IV) le château d’Excideuil, qui venait de subir, en 1574, de sérieux affrontements entre les huguenots et les catholiques. Cherchant un architecte pour ses travaux, le jeune Nicolas Rambourg lui fut recommandé par son illustre parent.

C’est ainsi que Nicolas quitta définitivement son pays natal, accompagné de son frère aîné,


Jean. Après Excideuil, les chantiers ne manquèrent pas. Jean profita des travaux sur le château de Juillac (propriété d’un cadet des Pérusse des Cars), pour se marier et s’installer dans la paroisse voisine de Concèze, dans le Bas-Limousin. La fille de François de Pérusse des Cars avait épousé François d’Hautefort, qui habitait le château du même nom, et qui avait l’espoir, grâce à ce mariage, de nourrir de grandes ambitions. Il embaucha l’architecte de son beau-père, et dès 1588, les fortifications étaient remises à neuf. Voyant ces magnifiques réalisations, inédites dans le pays, les seigneurs du voisinage voulurent aussi employer l’architecte, comme Jean Foucaud de Lardimalie pour son château de la Sudrie en la paroisse de Cubjac. Les tâches à accomplir dans la région étaient infinies, Nicolas se rendit compte qu’il n’allait plus quitter cette contrée, et tout comme son frère, il se décida à y fonder un foyer. Il épousa une jeune veuve originaire de Salagnac, Jeanne Goumard, qui habitait à La Genèbre en la paroisse de Saint Aignan de Hautefort, demeure familiale de son premier époux, François Pasquet. Par ce mariage, notre lorrain s’intégrait totalement à la bourgeoisie locale, avec notamment un beau-frère Goumard notaire, et désormais allié à cette famille Pasquet, très prolifique et influente dans la vallée de l’Auvézère. Cependant, les Rambourg restaient des étrangers.
Une photo de la signature de Rambourg dans sa lettre de naturalité où c'est la seule fois où il signe Rembourg avec un e ( photo fait par Sébastien Chaminade aux AD 24.

En 1589, le roi de France Henri III, fils d’Henri II et petit-fils de François Ier, avait été assassiné. Tout comme ses deux frères avant lui, il mourait sans héritier direct, et la couronne revint à son très lointain cousin Henri de Bourbon, non seulement roi de Navarre, mais aussi comte de Périgord, et vicomte de Limoges. Ainsi, pour obtenir les mêmes droits que tous les sujets du roi de France, c’est auprès de l’administration d’Henri IV que les deux architectes durent demander, en 1603, des lettres de naturalité, retranscrites dans les patentes de la Sénéchaussée du Périgord.


Pendant ce temps, les commandes se poursuivaient, et se diversifiaient. Avant la fin du XVIème siècle, il avait réalisé pour la famille Ferrières, aussi alliée aux Pérusse des Cars, des fontaines au style contrastant totalement avec l’austérité de leur antique demeure de Sauvebœuf. Puis, chez François de La Borie, il avait restauré et remis au goût du jour la bâtisse de la Rampinsole, paroisse de Coulounieix. Au début du XVIIème siècle, on l’appela deux fois à Périgueux pour réaliser l’une après l’autre les deux tribunes de la cathédrale Saint Front, jusqu’après 1612. Il logeait alors dans la paroisse urbaine de Saint Silain, où on le trouvait parrain en 1605 d’une petite Marie Bouquier, fille d’un maître menuisier avec lequel il travaillait. Il resta encore dans la métropole provinciale de 1613 à 1616 pour réaliser des travaux importants sur les ponts de Tournepiche et de la Porte-Neuve, au-dessus de l’Isle. On le logea chez Mathaly (Mathurin en occitan) Labrousse, hôte dans le Faubourg de Tournepiche, et beau-frère de Raymond Dubreuil, receveur de Hautefort. Nicolas se lia d’amitié pour les membres de cette famille, et en 1625, il maria sa fille la plus jeune à Blaise, fils de Raymond Dubreuil.

Car de son union avec Jeanne Goumard, Nicolas avait eu des enfants, dont plusieurs arrivèrent à l’âge adulte. L’aînée s’appelait Anne, elle épousa en 1614 le notaire Claude Sarrazanes. Léonne épousa en 1618 le procureur d’office de Tourtoirac, Guillaume Souffron. Les deux plus jeunes filles se prénommaient toutes deux Françoise, la première, baptisée en 1602, épousa le praticien Antoine Exartier du village des Charreaux, dépendant de Hautefort. La seconde, épousa donc en 1625 Blaise Dubreuil, mais très vite veuve, elle se remaria en 1627 avec Léonard Lidonne, juge de la juridiction de Hautefort. Un garçon, Bernard, était promis à une carrière juridique, mais mourut prématurément .

(On n’a pas trouvé son acte de sépulture, mais ses preuves de vie cessent juste avant l’épidémie de peste qui frappa la région autour des années 1630).

Provenant des biens du premier époux de Jeanne Goumard, la maison de La Genèbre, domicile des époux Rambourg, devait échoir soit à Léonne, soit à Jeannette Pasquet, les filles de ce premier mariage. Mais le destin en décida autrement, les filles moururent jeunes et sans héritier, après s’être pourtant mariées. C’est donc la dernière fille de Nicolas Rambourg et de Jeanne Goumard, Françoise, successivement épouse Dubreuil puis Lidonne, qui devint l’héritière, et qui resta vivre dans leur foyer.

La vie professionnelle de Nicolas Rambourg fut plus mouvementée qu’on ne pourrait l’imaginer.

En 1614, date de l’érection de la terre d’Hautefort en marquisat, les chantiers étaient à leur apogée, et rien ne pouvait laisser présager quelque changement, mais l’année 1616 fut marquée par un événement inattendu, qui changea considérablement la donne : le jeune Charles d’Hautefort, chef de la maison, décéda prématurément, laissant une veuve, Renée du Bellay, et de jeunes enfants. La mère de Charles, Louise de Pérusse des Cars, était décédée en 1595, et son époux préféra se mettre en ménage avec sa concubine du moment, et s’occuper de ses enfants bâtards. Il avait alors abandonné ses droits sur Hautefort à son fils aîné, dont l’hérédité revint à Renée du Bellay, mais devint cependant tuteur des orphelins, rendant la situation quelque peu épineuse. Renée décida de rester à Hautefort, pour ne pas fâcher son beau-père, bien que celui-ci ne fût pas très généreux avec ses pupilles (il fut dit qu’il l’était beaucoup plus avec ses enfants naturels). Les décisionnaires planifièrent donc de continuer les travaux à Hautefort. Cependant, la situation se détériora au cours du temps, et en 1627, la douairière décida d’affermer le château et d’en partir. Les travaux cessèrent, le coup porté à Nicolas Rambourg fut très dur. À partir de cette époque, il n’exerça plus que ses activités de sculpteur, n’ayant plus aucune commande en tant que bâtisseur.

La traversée du désert dura presque une décennie.


En 1636 en revanche, les commandes affluèrent de nouveau. Cinq ans auparavant, Jean de Ferrières de Sauvebœuf, pour qui il avait exécuté des fontaines, tomba en disgrâce pour avoir pris le parti de Marie de Médicis contre le roi. Il fut décidé que la forteresse antique de Sauvebœuf soit rasée. Elle ne fut en réalité que démantelée, mais lorsque le fils de cette maison noble voulut le rebâtir dignement, il fit appel à l’architecte de Hautefort. La même année, Rambourg remporta « l’appel d’offre » pour les réparations de la maison commune du Consulat à Périgueux (il se chargea des plans, mais délégua les travaux à un autre maçon).
Mais l’événement majeur fut le retour des Hautefort sur le devant de la scène. Le jeune Jacques-François, reçut de nombreux biens en héritage. Sa mère Renée du Bellay décéda en 1631, son grand-père l’émancipa en 1633, il put donc recevoir les héritages de son père et d’un de ses grands-oncles Pérusse des Cars, il hérita ensuite d’une grande-tante maternelle. Cette fortune soudaine, s’ajoutant à ses revenus déjà conséquents, laissa à ce jeune marquis les possibilités d’assouvir ses rêves à la hauteur de ses prétentions.

Jacques-François d’Hautefort revint chercher le vieux Nicolas Rambourg, septuagénaire mais toujours dynamique. Ils décidèrent de retravailler les plans, pour certains exécutés plus de 30 ans auparavant, pour les remettre au goût du jour. Pour cela, Rambourg consulta les manuels d’architecture les plus récents, émanant de ses confrères lorrains et bourguignons, s’en inspirant pour ses plans, tout en les agrémentant de ses inspirations originales. Sous sa main encore agile, naquirent les projets du pavillon central sur la cour, le promenoir, la grande galerie, qu’il verra lentement s’ériger sous le travail des ouvriers maçons et charpentiers.

La sœur de Jacques-François d’Hautefort connaissait alors un destin national. En 1630, la très jeune Marie d’Hautefort, dame d’honneur de la reine, s’était faite remarquer grâce à sa beauté et ses bonnes manières par le roi Louis XIII qui lui accorda longtemps ses faveurs. Les intrigues politiques de Richelieu l’éloignèrent ensuite de la cour, sans pour autant la disgracier aux yeux des membres de la famille royale. En 1643, après les décès coup sur coup du ministre et du roi, Anne d’Autriche devenue reine-mère et régente du jeune Louis XIV rappela sa chère amie qui bénéficia de nouveau de son statut particulier auprès de la famille royale.

En cette année 1649, ce vieillard de 90 ans contemplant son chantier pense un instant à l’avenir.

Les rumeurs disent que la liberté de parole de Marie d’Hautefort commence à déranger le ministre Mazarin qui, malmené par la Fronde parlementaire, songe déjà à un moyen de la congédier à nouveau. Le roi est jeune, la reine-mère et son ministre sont impopulaires et fragilisés, cernés par les complots. Peu importe, Nicolas Rambourg sait que sa vie mortelle touche à sa fin, et au sommet de sa gloire, alors que l’avenir de la France semble une nouvelle fois des plus incertains, il regagne son logement aménagé sur son chantier, au cœur de sa plus grande création, le château de Hautefort.

Le 2 juillet 1649, Nicolas Rambourg ferma les yeux,


S RAMBOURG 1649. AD24 - Hautefort (Dordogne, France),Paroisse Saint-Agnan, 1628 – 1660 vue 222/391

Après s’être confessé, avoir communié, et avoir reçu les saints sacrements de l’extrême onction, Il fut inhumé le lendemain dans l’église paroissiale dans les tombeaux qu’il avait acquis 40 ans plus tôt, en présence de « vingt-deux prêtres ou religieux » qui s’étaient déplacés pour lui rendre un dernier hommage. Ses œuvres ont traversé les siècles, mais son nom fut oublié. Des passionnés ont, par l’étude d’archives diverses, réussi à l’identifier, à reconstituer son parcours, à reconnaître ses créations .

( Notamment grâce à Madame Gendry, Monsieur Laurent, et le chanoine Brugière (puisèrent leurs informations aux archives départementales de la Dordogne, mais dans les archives épistolaires entre les différents membres de la famille d’Hautefort et alliés) ; on a d’ailleurs admis les hypothèses les plus plausibles émises par ces éminents spécialistes pour la rédaction de cette histoire de Nicolas Rambourg.)


Par Julien LIUT.

jeudi 15 novembre 2018

Marie TISSANDIE

Joseph HEBRARD notre AAAA grand-père, est né probablement vers 1741 à Loubéjac. Fils de Joseph HEBRARD et de Marie MOUILLAC. Il sera laboureur et épousera Marie TISSANDIE en 1765. Marie TISSANDIE a vu le jour le 3 mars 1741 à Loubéjac, elle est la dernière fille de Guillaume TISSANDIE, laboureur et de Marie CHARVY.


Elle épousera Joseph HEBRARD le 17 février 1765. De cette union naitra Antoinette HEBRARD, notre AAAGrand-mère le 16 avril 1767.

Elle est bien jeune notre Antoinette, elle n’a que 17 ans lorsqu’elle se marie dans l’église de Loubéjac le 7 avril 1785 avec Jean SOULLIE, charron, notre AAAGrand-père.

Ils auront 9 enfants, dont le petit dernier François notre AA grand-père né le 27 octobre 1805. Voici que François, a trouvé une promise, il a été la chercher bien loin, à 75km, dans le Lot, mais c’était sûrement la plus belle fille de la région.

Il épousera Marie GARRIGOU le 21 février 1835 à Loubéjac.



François et Marie, quittent la Dordogne pour le Lot. François sera charron à Tarrieu-Pomarède, commune de Cassagnes, lieu où naîtront leurs sept enfants, dont le 12 septembre 1840 Jeanne dite Thérèse notre AR grand-mère. Jeanne SOULLIE épousera Jean Monville le 2 avril 1862 à Bélaye (Lot) Jean MONVILLE né le 22 Juillet 1833 a trouvé sa promise à Pomarède à 15Km de Bélaye ! Ce n’est pas loin ! Lui qui venait de faire la campagne d’Italie avec Napoléon, et qui était rentré à pied de Magenta, accompagné de son chien Milan. Vers 1859 Jean vient de rentrer de son service militaire qui a duré 7ans !

Sa Jeanne dite Thérèse l’a-t-il courtisé un soir de bal ? Lui a t’il conté fleurette le long de ruisseau de Pomarède ?

Une chose est sûre, il part à Tarrieu, chez François SOULIE et Marie GUARRIGOU pour leur demander la main de leur fille.

Mais Jean a quelques biens, et Jeanne un peu moins, il faut donc faire un contrat de mariage. Jean amène une maison qui lui appartient et de l’argent, 1912.35 francs. Les parents de Jeanne amènent dans son sabot 1600francs en avancement d’hoirie, ainsi qu’une donation de 3 draps de lit estimés à 12 francs et 6 serviettes et une nappe estimés à 7 francs. Jean MONVILLE et Jeanne Thérèse SOULLIE se sont marié le 2 avril 1862 à Bélaye (Lot).

Cette maison serait peut-être encore dans « nos sabots » si Léon le fils aîné de Jean et Jeanne, qui aux dires de notre grand-père Louis MONVILLE était « un bon à rien qui était capable de tout », n’y avait mis le feu pour toucher l’assurance après le décès de ses parents. Cinq enfants naîtront de cette union. Cette première journée du mois de janvier 1864 sera bien triste pour Jean et Jeanne dite Thérèse, leur petite Marie MONVILLE voit le jour mais ne vivra qu’une heure ! Le 8 janvier 1865 Etienne MONVILLE voit le jour. Il est décédé le 7 mai 1892 à l’âge de 27 ans. Il était instituteur. Selon les dires de sa sœur Anna MONVILLE ( ma grand-tante) qui avait 15ans à son décés . Le 14 mars 1870, voici que Léon Marcelin MONVILLE pointe son nez. Cultivateur comme son père, il épousera Françoise LUZERGUES le 26 juillet 1899 ils auront 4 enfants. Le 25 juillet 1877 Anna Marie Anne, dite Anna MONVILLE, voit le jour. Elle est décédée en 1976. Notre chère grand-tante, chez qui nous avons passé chaque été de si belles vacances ! Elle épousera Elie TEYSSEDRE en 1899 à PRAYSSAC. (Lot) Ils auront une seule fille, Madeleine, qui décédera dans les bras de ses parents à l’âge de 20 ans. Je vous raconterai sa vie dans un autre récit.






Et le petit dernier arrive, notre grand-père Louis MONVILLE né le 7 septembre 1880.

Il épousera notre grand-mère Jeanne JOUBERT le 20 octobre 1906.

Ils auront un seul fils, notre père André MONVILLE.



Texte de Nicole et Catherine MONVILLE.

mercredi 14 novembre 2018

LASSERRE René Récit d’un Prisonnier de guerre 1940-1945

Mon papa René LASSERRE est né un 30 décembre 1916 d’une fratrie de 9 enfants. Sa vie a été très riche en péripéties qu’il aimait raconter. A l’aube de sa vie, à 80 ans, il a écrit ses mémoires sur des cahiers que j’ai fait imprimer pour notre famille et ses amis. Il s’est aidé d’un petit carnet de notes rédigé pendant son service militaire et sa captivité en Allemagne. C’est le récit de celle-ci qui va suivre.



Après sa « drôle de guerre » sur le front Est, René a été fait prisonnier le 22 juin 1940, en même temps que les 1.845.000 soldats (1) suite à la reddition signée avec l’ennemi. Les allemands conduisirent alors tous les prisonniers depuis la caserne Molitor de Nancy, puis vers la gare où ils durent monter dans des wagons à bestiaux le 25 juillet. Le voyage dura 3 jours avec 50 à 60 compagnons dans le même wagon, sous une chaleur étouffante. Pas de toilettes, une boite de conserve circulait jusqu’au soupirail au fond du wagon … Arrêt à Luckenwalde, stalag IIIA (dans le Brandebourg) le 28 juillet à 15 heures. Désinfection totale. Ce fut le contrôle d’identité par les gardiens, plaque de métal avec numéro de prisonnier : 50712, Stalag III A. Départ pour une ferme en camion pour Reedz. Le patron de la ferme était SA, tête carrée, uniforme et croix gammée. Les prisonniers dormaient au camp et les agriculteurs venaient les chercher le matin. Par la suite, ils purent aller seuls à la ferme. Le travail était dur, mais la nourriture bonne. Forgeron de métier, mon père fut remplacé par un autre prisonnier au bout de 2 mois pour aller travailler en usine : celle d’Arado à Brandebourg (2). Il y avait là 1 400 prisonniers. Le travail n’était pas trop dur, mais la nourriture exécrable. Quinze jours après, mon père changea de camp pour travailler à l’usine Elisabeth-Hütte une fonderie de fonte et d’aluminium. Les prisonniers étaient alors 150, logés dans une usine de confection. Ils avaient une bonne hygiène avec douche et habits propres.

REVE D’EVASION

Ce fut un premier Noël en Allemagne … Le mal du pays commençait à chatouiller mon père … il rêvait … d’évasion ! Il en parla à 4 camarades sûrs. Ils s’organisèrent donc … Ils réussirent leur évasion ce 29 juin 1941 … La liberté dura 10 jours avec maintes péripéties. Mais le 11ème jour, leur périple à travers l’Allemagne se termina : le groupe fut repéré et dénoncé alors qu’il marchait le long de l’autoroute Berlin – Nüremberg. Un soldat allemand arriva avec son arme. Il mit en joue les hommes et demanda leurs papiers. Epopée terminée, évanoui leur rêve de revoir la France !

DE RETOUR A LA CASE DEPART

Conduits dans un camp de prisonniers serbes, ils furent interrogés et conduits enfin dans une prison de droit commun. Trois jours dans cette prison dont leurs gardiens étaient un alsacien et son épouse allemande. De par leur nationalité et le fait qu’ils ne soient pas des repris de justice, ils furent bien traités, aussi bien en nourriture que humainement : on leur apporta même du papier et des crayons pour jouer à la bataille navale. Touché, coulé : comme eux ! Le moral était au plus bas.

Un soldat les amena ensuite au train direction Luckenwalde, stalag IIIA. Jugés dès leur arrivée, ils furent condamnés à 1 mois de compagnie de discipline et dix jours de cellule chacun … Entassés à 10 dans une pièce de 1,50 m sur 2 m, une maigre soupe était servie et tous les trois jours un petit bout de pain avec de la confiture et de la margarine au goût douteux. Ils purent récupérer la monnaie cachée dans leurs semelles et acheter un peu de nourriture au marché noir.
René et ses 7 camarades KG inséparables : (3ème 1er rang de gauche à droite)
Après la peine purgée, ils furent expédiés dans un camp de 350 prisonniers, une trentaine de sentinelles, petit camp avec miradors aux quatre coins et double rangée de barbelés.

HISTOIRE DE PIGEONS

La première sortie s’effectua un matin par groupe de 20 KG (Kriegsgefangene). Ils furent conduits dans une grande ferme d’état où grouillait plus de 150 ouvriers et ouvrières de toutes nations. La journée se passait à couper l’avoine et la stocker dans un grand hangar. Grimpés en haut des gerbes en tassées, des camarades aperçurent des nids de pigeons entre les chevrons. Ils s’empressèrent de d’estourbir les pigeonneaux et les enfouir dans leur musette. Le soir, ils mangèrent les volatiles et enfouirent les restes. Ils recommencèrent les jours suivants. Le quatrième jour, le chef de la ferme regarda son vol de pigeons. Sans doute avait-il remarqué qu’il avait diminué. Les hommes donnèrent immédiatement la consigne aux autres KG de cacher les pigeons estourbis le matin dans les gerbes d’avoine. En effet, une fouille générale de tous les KG fut organisée, les chefs ne trouvèrent rien. Les prisonniers jugèrent qu’ils n’avaient pas touché à un seul pigeon.

POMMES DE TERRE CONTRE CIGARETTES

Après l’avoine, ce fut les pommes de terre, arrachées par une machine. Pour encourager les KG à ramasser plus vite les tubercules, les chefs promirent une cigarette par baquet vidé dans la remorque. « Le premier jour ils furent réglo » écrira mon papa. Mais ils trouvèrent que cela faisait trop et diminuèrent les récompenses. Alors les travailleurs en firent autant pour le travail. Les gardiens embauchèrent des italiens qui ramassaient en même temps que les français. Eux étaient payés au baquet. Quand les KG français avaient ramassé un baquet, ils l’échangeaient avec les italiens contre une cigarette. A ce rythme les français ramassaient 15 baquets par jour, les italiens une centaine.

EN GREVE

Forgeron de métier, mon père demanda à travailler dans une forge. Le chef de camp le toisa d’un regard interrogateur. Sans réponse au bout de huit jours, il réitéra sa demande. Pas de place pour lui ! Le lendemain, mon père refusa de travailler. Il fut mis en cellule et le gardien lui dit : « Rien à manger ». Il ne mangea jamais aussi bien que ce jour-là ! Ses copains lui firent passer du chocolat, du pain, des biscuits. Le soir on le conduisit devant un jeune officier. Ausculté par un médecin français lui aussi KG. L’officier lui demanda la raison de son refus de travailler. Mon père répondit qu’il avait par deux fois demandé d’aller travailler dans une forge et qu’il n’avait pas eu satisfaction. – Etant prisonnier, vous n’aviez pas à refuser de travailler ! » « C’est le seul moyen de se faire entendre ! » Répondit-il. Il lui promit de s’occuper de sa demande. En effet, quinze jours après, il fut envoyé à ALTRUPPIN.

Il arriva au camp le soir à la nuit. C’était une ancienne tannerie mais protégée par des barbelés tout neuf. Le gardien du commando le reçut sans ménagement et le menaça avec son pistolet. Il lui déclara qu’il n’hésiterait pas à lui tirer dessus s’il tentait de s’évader une nouvelle fois. Sa réputation de râleur l’avait suivie ainsi que sa tentative d’évasion … Il embaucha le lendemain chez le forgeron du village. Le soir il rentrait au camp après la journée de travail. Ils étaient une soixantaine de KG de tous les métiers.

SYSTEME DEBROUILLE

A cinquante mètres du camp coulait un canal. Des péniches y passaient. Ce canal reliait deux grands lacs aux eaux profondes. Un des camarades travaillait de nuit chez un pêcheur. Il demanda à mon père de lui fabriquer un harpon en acier. Il le paya en nature avec des brochets qu’il captura. Un autre commanda un collet pour attraper des lièvres et des chevreuils. Il y avait beaucoup de gibier, des bois entouraient les champs de culture. Pour les lièvres, du câble de frein de vélo convenait parfaitement. La survie les guidait. Il fallait manger, surtout pour beaucoup d’entre eux. Entre temps, un nouveau gardien fut nommé. Il était très sympathique. Il avait tout à gagner lui aussi. Il eut droit au chocolat plus tard quand les KG reçurent des colis d’émigrés.

ICI LONDRES

Un des camarades se procura un poste TSF avec écouteurs qu’il fallut cacher. Deux KG étaient menuisiers. Ils coupèrent une planche de parquet en dessous de leur lit pour faire un passage et accéder à la cave. Ils laissèrent quatre petits trous fraisés pour visser la planche après utilisation. Un peu de poussière sur les joints et rien n’était apparent. Tous les soirs à 21 heures, ils écoutaient ainsi radio Londres. Le problème est que le gardien avait l’habitude de venir faire l’appel à cette heure. Il fallait l’amuser pendant ce temps. Les prisonniers lui offraient cigarettes et chocolat. Malgré sa gentillesse, il était allemand donc méfiance ! Quand les informations étaient terminées, les copains tapaient deux petits coups à un endroit sous le plancher et les autres attendaient que le gardien soit parti pour ouvrir la trappe et libérer les 2 informateurs.

AU CHARBON

Cette cave secrète leur permit également de cacher tous les objets compromettants qu’ils possédaient : trois tonnes de charbon en briquettes substituées à une péniche qui avait vidé son stock près du camp. Le gardien leur fit comprendre que l’hiver serait rude, qu’il était avec eux et qu’il fallait se chauffer les mois de froid ! Les prisonniers comprirent tout de suite, surtout qu’ils avaient déjà commencé à se servir : Ils y travaillèrent tout une nuit, la cave était assez grande pour y contenir le chargement. Le lendemain le patron de la péniche vint vers 9 heures avec un gendarme. Ils firent l’inspection de la chambre et l’enquête s’arrêta là. Depuis cette cave, on installa une prise électrique : les prisonniers avaient monté une bibliothèque et, avec les prises de courant, ils purent lire tranquillement après l’extinction des feux.

PASSAGE A TABAC

L’un des camarades boulanger travaillait de nuit. Il aperçut des camions se garer devant un grand hangar. Des caisses étaient déchargées dans ce bâtiment et cela l’intrigua. La nuit suivante il se faufila dans ce hangar, accéda aux caisses entassées jusqu’au fartage avec une échelle. Ces caisses étaient remplies de cigares et cigarettes. Le lendemain, tout excité, il raconta sa découverte : à partir de ce jour ils eurent le tabac à volonté ! Ceci se passa dans l’hiver 1944.

ESPOIR DE LIBERATION

Les prisonniers avaient de nouvelles du front russe : ils montraient leur nez à l’Est, les américains à l’Ouest. Ils avaient prévus d’aller au-devant des américains … La forge où mon père travaillait se trouvait sur la grand-rue Breite-Strasse. Il vit passer par la fenêtre de son atelier près de cinquante mille déportés de tous pays. Un grand choc, une grande pitié l’envahit de voir ces malheureux dans cet état de misère physique, avec de mauvaises chaussures ou pieds nus. Les gardes les malmenaient encore à coups de crosse. Son patron n’en revenait pas, il ne savait pas comme beaucoup d’autres allemands qu’il y avait des personnes ainsi torturées, affamées. Ces déportés venaient du camp de concentration d’Oranienbourg. On était en février 1945. Les prisonniers quittèrent le camp d’Altruppin le 30 avril 1945. Cinquante kilomètres à pied. Mon père avait trouvé une bicyclette. Il s’en servit pour transporter son sac et celui des copains. Ils conduisirent à tour de rôle. Un autre avait fabriqué une brouette avec une roue d’un avion de chasse récupérée. Ils arrivèrent au bord de l’Elbe le 2 mai au soir. Les américains tenaient une tête du pont. Ils firent le tri. Les KG des pays de l’Ouest traverseraient le fleuve sur les barques à moteurs conduites par 2 américains. « Ce fut là un des plus beaux jours de ma vie » écrira mon père. Ce bonheur fut attristé par un accident : le bateau suivant chavira au milieu de l’Elbe. Ne survécurent que 9 prisonniers sur les 18 passagers : huit français qui venaient d’Altruppin et un américain se noyèrent. Un autre accident se produisit parmi eux. Un russe voulut désamorcer une mine antichar. L’engin explosa. Il fut déchiqueté et 8 blessés tombèrent à côté. Les américains transportèrent les soldats libérés par camion à la gare la plus proche. Direction la France. Ils traversèrent la Hollande, la Belgique. A Charleroi, un repas chaud leur fut offert par les Belges avec un verre de vin rouge. Le premier verre d’un pays ami depuis cinq ans. Le convoi passa le Rhin le 11 mai à neuf heures du soir. Ils furent désinfectés et démobilisés officiellement. Arrivé à Périgueux le 14 mai dans la soirée, il retrouva sa mère et toute la famille à Cendrieux le lendemain matin vers 11 heures … Quel délabrement moral après cinq années de solitude, de stress. Même si les conditions de détention n’ont pas été dramatiques pour mon père, il disait qu’il avait eu de la chance de ne pas être maltraité mais il y avait cette tension permanente, et surtout la culpabilité de se trouver si loin de son pays, impuissant à tout ce qu’y s’y passait. Mon père a ainsi donné 8 ans de sa vie à la France : parti en 1937 pour le service militaire, il est revenu en 1945.

(1) : Mon père avait noté 30.000 prisonniers : certainement ce jour-là. Sur Wikipédia ce sont 1.850.000 soldats qui furent faits prisonniers en France par les Allemands en mai-juillet 1940. Sur ce nombre, 80.000 réussirent à s’échapper entre juin 1940 et octobre 1942. 51.000 trouvèrent la mort ou disparurent au cours de leur captivité.

(2) Usine Arado (Brandebourg) : constructeur aéronautique liquidé en 1945 (source Wikipédia).


Par Mireille BERGER.

mardi 13 novembre 2018

KUNCHS Georges François

Mon arrière-grand-père paternel, Georges, François KUNCHS est né le 21 avril 1891 à Paris 1er de père inconnu et de Célina Joséphine KUNCHS.


Il était doreur. Mon arrière-grand-mère Marguerite MAGNOU est née le 1er janvier 1893 à Négrondes, plus précisément au lieu-dit « Le Pouyet » en Dordogne. Voulant trouver du travail, elle est allée à Paris.

Elle était couturière. C’est là qu’ils se sont rencontrés.


Par la suite, ils ont eu leur premier enfant hors mariage : Georges, Jacques né le 15 décembre 1911 à Paris 14ème et décède le 16 février 1916 à Paris 3ème.
Ils se sont mariés le 6 avril 1912 à Paris 3ème. Ensuite ils auront deux autres enfants dont ma grand-mère Aline, Odette née le 23 janvier 1913 à Paris 10ème, décédée le 29 mai 1939 à « Saint-Michel » commune de Tourtoirac et mon oncle Louis, Marcel né le 6 janvier 1915 au lieu-dit « Le Pouyet » commune de Négrondes, il décède le 22 février 1990 à Périgueux.


Vu que leur dernier enfant est né en Dordogne en 1915, je ne sais pas en quelle année ils sont venus habiter dans la maison des parents de mon AGM.


En 1917, mon AGP est recruté au sein du 130ème RI du 23/05/1917 au 17/02/1918, puis au 103ème RI du 18/02/1918 au 7/06/1918 et enfin au 19ème RI du 7/06/1918 jusqu’à sa mort le 8/10/1918.


Le 8/10/1918, il a était touché au thorax par un éclat d’obus à Cuperly Mont Frenet dans la Marne, il décédera de ses blessures dans l’ambulance. Il avait 27 ans. Sa tombe se trouve à la Nécropole Nationale du Mont Frenet-La Cheppe parmi ses camarades.



Il est inscrit au monument aux morts de Négrondes.  Mon AGP porte la mention « Mort pour la France ».











Mon AGM se remaria avec Louis AMBLARD le 27/02/1926 à Négrondes avec lequel elle a eu une fille : Raymonde, Alice AMBLARD. Mon AGM est décédée le 5/06/1987 à Périgueux en Dordogne.


Par Marie-Hélène ROUBINET.

lundi 12 novembre 2018

JACOUTET Jantou

Jantou Jacoutet, Une vie simple, tranquille. Et heureuse je pense !
Jean François Xavier Jacoutet " Pépé Jantou " est né le 3 Décembre 1900 dans ce joli petit village : Le Bugue, Al Buga en occitan (Dordogne) - Jantou est mon grand-père maternel.

Il était le fils ainé de Jules Jacoutet, peintre en bâtiment et négociant en noix et Berthe Escorne toujours négociante en 1921, après le décès de Jules en 1917.

Jules Jacoutet et Berthe Escorne

Un frère Pierre Jacoutet était né en1904 au Bugue, où il vécut toute sa vie. Il y est décédé en 2001. Il avait épousé Denise Riaud en 1929. Denise tenait épicerie parisienne (clin d'œil à Jantou parti à Paris ?) tandis que Pierre, électricien tenait aussi son petit magasin quelques maisons plus loin dans la rue principale du Bugue. Il a cependant toujours gardé un peu l'amertume de n’avoir pu, comme son frère, poursuivre un peu d'études, la cause en était le décès de leur père .... Berthe était une femme timide et effacée et n'a visiblement pas eu le courage de maintenir leurs entreprises de peinture et l'atelier d'énoiseuses (photo ci-dessous). Bah il ne s'en est pas trop mal tiré non plus le tonton.

Atelier des énoiseuses JACOUTET posant pour la photo

Gens simples mais de par leurs origines de propriétaires terriens, bourgeoises, voire notables en remontant, ils avaient gardé au fond d'eux une légère, mais certaine condescendance tout de même !




''Les deux "frangins" étaient restés très liés, au point qu'à la fin de leurs vies respectives, ils s'appelaient toujours " Mon petit frère " ou " Mon grand frère ". C'était très attendrissant, cela a dû me marquer puisque j'en suis au même point, à l'heure qu'il est, nos soixantaines passées, j'appelle toujours les miens : " mes p'tits frères " 64 et 61 ans ''




Ils n'avaient qu'une seule tante, sœur de Jules, Joséphine Elyzabeth, institutrice mariée à Pierre Cambelet originaire d'Urval également instituteur. Ils commencèrent leur carrière au Bugue et la terminèrent à Paunat. Berthe, elle, était enfant unique, une sœur Marie Blanche née en 1776, n'a visiblement pas vécu. Petite famille, cependant partageant des liens très forts avec leurs cousins surtout de la famille Colombet et Cambelet, pour preuve les nombreuses photos en leurs présences et les sempiternelles visites aux cousins l'été au mois d'août. Jantou, le très calme (bien qu'ayant un caractère bien déterminé) et Pierre, l'intrépide, faisaient partie d'une équipe de rugby, celle de la Farge, car il y en avait une autre celle de de la place de la Mairie ou du Cingle. Lorsque l'une rencontrait l'autre, il parait que cela donnait de belles bagarres en perspective, ça ne rigolait pas il y avait de la castagne dans l'air. Sur la photo jointe Jantou tient le ballon en bas à droite et Pierre est juste au milieu sous le plus grand enfant. Je cite .....

  • En 1913, des différents quartiers du Bugue surgirent des équipes rivales. Les redoutables minimes de La Farge rencontraient leurs adversaires de la Place de la Mairie ou du Cingle. La guerre de 14-18 emporta bon nombre d'entre eux. (Coll. Jacoutet)
  • (paragraphe de Mr Bertrand, photo privée famille fournie par mon gd oncle Pierre)


Son amour pour le rugby n'a jamais été démenti car je me souviens, moi, des matches à Paris au stade de Colombes où pépé m'emmenait juchée sur ses épaules.



Tout semblait paisible, pas non plus de soucis majeurs, jusqu'au mois de Mars 1917 où Jules le papa fût emporté par une grippe espagnole. Berthe avait gardé l'entreprise d'enoiseuses et je l'y trouve encore en 1921, mais, femme influençable et très croyante, elle courait à l'église dès qu'elle entendait les cloches sonner et ce, dès le matin (ça n'est pas peu dire, l'église étant juste derrière la maison !!!!!!) Elle n'a donc pu continuer, n'ayant plus la poigne pour. Les bons grands-parents Escorne/Colombet ont toujours veillé sur les deux petits pas riches, mais pas dans le besoin non plus. Il était sellier, vétéran de la guerre entre 1864 et 1871 dans les hussards. Nina était propriétaire terrienne à Cumon. Nina ... Nina ! J’adore ce prénom : Nina !


Félix ESCORNE et Nina COLOMBET

Félix le grand-père, haut en couleur à ce qu'il parait, est décédé en 1916 et Jules à peine un an plus tard, Jantou et petit Pierre furent donc couvés et adulés par Berthe et Nina restées veuves presque en même temps. Cette dernière décida donc de vivre à la Farge avec sa fille et ses petits-fils Jantou et Pierre. Mais revenons sur mon Jantou !




Jantou avait fait des études secondaires : pensionnaire à Périgueux ? Angoulême ? Je ne sais pas, toujours est-il que je le vois en uniforme d'étudiant sur certaines photos. À 20 ans, il part faire l'armée à Angoulême et là, ça ne ratait jamais, lorsque nous allions passer notre mois d'août au Bugue nous passions toujours devant son ancienne caserne (on ne risquait pas de la louper !!!) Nous avions un rappel de clairon au passage du grand portail du 177ème régiment d'Infanterie d'Angoulême. "Hé petits ! pépé a passé ses 20 ans là derrière ce grand portail ", je l'entends encore avec ce léger accent qu'il avait gardé malgré sa vie parisienne, Oh ! Moins fort que celui de tonton Pierre, mais tout de même chantant.

Puis Jantou, comme beaucoup de jeunes à l'époque, est monté faire carrière à la capitale.  Elégant, présentant bien, voici sa photo de nouveau Parisien vers les années 1923/24.


Au régiment Sa toute nouvelle vie de parisien
Il est entré à la maison CHERAMY / HOUBIGANT / Jean D'ESTRÉE (qui ne connait pas l'eau de toilette " H pour homme " ?) Où il y a fait carrière de son arrivée dans la capitale .... Jusqu’à sa retraite. Ses débuts furent en tant que représentant et, à l'heure de la retraite, il était toujours qualifié de représentant, mais cadre. Son grand amour - mamy Alice Tout à côté de la Place de la Farge, le Maire du village à l'époque, avait en pension une petite parisienne, très jolie brunette avec de très très longs cheveux noirs, de jolis yeux noisette répondant au doux prénom d'ALICE. Timide, même secrète, sûrement un peu triste : " ALICE ". Alice n'avait pas eu de chance, sa maman et son petit frère étaient décédés eux aussi de la grippe espagnole en 1916, son papa était à la guerre, ses oncles aussi : elle avait 8 ans, son papa ayant été gazé durant la Grande Guerre, se trouva à l'hôpital militaire avec le Maire du Bugue qui devait rentrer chez lui. Le papa d'Alice, lui devait repartir. Ils se lièrent d'amitié et Alphonse lui expliqua son malheur et il fut conclu qu'il accepta de prendre Alice comme pensionnaire, (ma mère a encore les carnets de comptabilité très bien tenus, de la pension de mamy)....




La photo de l'au-revoir juste avant le départ pour le BUGUE .... Comme leurs cœurs devaient être gros .... !



La guerre finie, le papa d'Alice en rentra malade, très malade du camp de la Courtine (Creuse) et ne pût reprendre Alice, il continua donc de pourvoir aux besoins de sa petite. Il mourut quelques courtes années après, Alice avait alors 16 ans. Son papa était originaire du Pas-de-Calais : Berck sur Mer, et sa maman était de la Nièvre. Alice, elle était née à Paris en 1908. Il n'y a que très peu de temps que j'ai découvert, sur l'acte de mariage de mes grands-parents que Mr GLENE était devenu le tuteur de mamy. Il me plait à croire que le coup de cœur l'un pour l'autre, entre la petite Alice et Jantou, a débuté dès leur enfance ; sinon, Alice n'aurait-elle pas rejoint sa famille, ses oncles étant rentrés de la guerre ? Elle avait deux oncles côté paternel et un côté maternel dans la Nièvre. Je sais qu'ils avaient voulu l'accueillir. Ils se marièrent en 1929 au Bugue et je pense repartirent à Paris, cette fois ensemble, car maman y est née 1 an après en 1930 et taty en 1931. Après quelques brefs changements d'arrondissements, ils se sont fixés dans le 14ème, arrondissement, rue Sarette où je les ai toujours connus y demeurer et où je suis née d'ailleurs. Alice au début de sa vie active avait été postière puis institutrice au Bugue et à Paunat, elle continua un peu à Paris dans l'école d'un cousin Colombet y étant directeur, mais quelque temps après la naissance de leur deuxième fille, Christiane, elle, décida de changer et commença une carrière différente, cette fois dans les assurances : Assurance "La France" où je l'ai toujours également connue travailler en tant que chef de bureau à la comptabilité.

Enfin à la retraite, ils reprirent le chemin du Bugue et de la place de la Farge. Alice mourut en 1977 à Antonne suite à un AVC, elle avait 69 ans. Pour la première fois de ma vie, j'ai vu mon grand-père pleurer et, toujours fier, se redresser d'un seul coup comme pour ne pas nous montrer sa douleur. Jantou, lui, nous a quittés en 1985 à Trélissac, à l'âge de 84 ans. Ils furent, je n'en doute pas, très heureux car maman et ma tante m'ont dit ne jamais les avoir entendus se disputer, un simple mot ou signe suffisait à recadrer la situation calmement sans bruit.






Mariage de Jantou et Alice 1929 De leur amour naquit Jeannine, ma maman, qui eut 3 enfants dont moi, et 5 petits-enfants. Maman est partie vivre au Bugue dès sa pré-retraite car elle avait choisi un Buguois d'origine comme compagnon. Ma tante Christiane a eu 1 enfant et 2 petits-enfants, elle vit toujours à Versailles près de son fils, avocat. Vie tranquille, sans histoire, sans cris, posée, sans soucis particuliers, peut-être dû aux traumatismes de leur enfance du fait d'avoir perdu tous deux leurs parents très jeunes. Une vie et un amour tout en harmonie, malgré la traversée de la Seconde Guerre Mondiale, pendant laquelle, du reste, Jeannine et Christiane furent envoyées au Bugue pendant une année chez leur grand-mère Berthe.

Si nous Parlions un peu de nos vacances buguoises ?

Mes grands-parents Jacoutet passaient nous prendre aux Sables-d'Olonne chez nos grands-parents paternels où nous avions passé le mois de Juillet : journées plage .... pas d'heure pour manger, se coucher, cool, liberté totale, super ! .... Oui, mais au Bugue, là, ça n'était plus la même chanson : bien se tenir à table, messe le dimanche, robe en broderie anglaise pour moi, chemises blanches pour mes deux frères, prière le soir (pffff) Mamy était très à cheval sur les bonnes manières ; quant à la sieste de pépé, je l'entends encore ronfler, je me demande s'il ne faisait pas trembler la Farge ! À son réveil, c'était les balades dans les coteaux ou dans les villages alentours ou encore la tournée des cousins et cousines de pépé. Pépé Jantou aimait beaucoup la pêche : il partait sa canne sur l'épaule en sifflotant (je n'ai pas le souvenir qu'il ait ramené grand-chose, mais le plaisir avait été de la partie). Nous avions souvent des grands soupirs d'impatience, mais aimerions bien pourtant retrouver ces bons temps de sérénité. Le matin ! Tous les matins, 365j/365, il s'astreignait à faire de la gymnastique devant sa fenêtre grande ouverte afin de garder la forme. Le dimanche, il nous ramenait non pas des chocolatines (comme vous dites) mais des petits pains en forme de petits bonhommes tout chauds que faisait M. Dazenière le boulanger (hummmm !) Tout a une fin et surtout les vacances, il fallait rentrer sur Paris. Dans la voiture çà n'était pas vraiment l'euphorie. Si, en partant le rituel était de chanter à tue-tête tout au long de la route dont le chef de chœur était mon grand-père .... : « Au Lycée papa, au lycée papa ... au lycée papillon » avec un bon gavage de bonbons à la menthe, au retour, pas de bonbons à la menthe et silence radio ..... Il quittait son Bugue (et nous, nous reprenions le chemin de l'école, le Lycée Papillon de cette vieille chanson n'avait plus aucune grâce à nos yeux). Mes grands-parents étaient un peu stricts, un peu plus mamy que pépé, ce qui ne les empêchait pas d'être très agréables, souriants, et ne fuyant pas l'humour de bon goût. Mais l'éducation et les bonnes manières c'était primordial pour eux. Mamy quand elle riait, riait même de très bon cœur. Elle disait souvent en riant que pépé était tête en l'air, quand il allait aux cèpes, elle avait toujours peur qu'il se perde, ce qui est arrivé une fois du reste.

J'avoue avoir compris avec le temps, qu'en leur compagnie nous connaissions la paix, la sécurité, et cela fait du bien rien que d'y penser, même si nos vacances périgourdines, après 1 mois de vie de chiens fous à la plage, nous barbaient parfois. Cet équilibre c'est à eux que nous le devons.

Ils reposent à présent au pied du coteau que domine Bara-Bahau, ensemble à tous jamais. Bara-Bahau qui signifie badaboum, une grotte dans laquelle Jantou nous a souvent conté qu'il escaladait le coteau avec ses copains afin d'aller y jouer.


Par ANNIE-ALICE MOUNIER

samedi 10 novembre 2018

IDA FILET ma mémé si douce

Catherine Filet est née à Saint-Rémy (Dordogne), le 18 janvier 1895. Elle est la fille de : Jean Filet (né le 21 octobre 1854 à Lalinde (24), fils de jean le jeune et Marie Marche). Et de Catherine Chassaigne (née le 24 décembre 1871 au Fleix (24) à Virolle, fille de Jean Chassaigne et Marie Geneviève Gaurel). Parents qui se sont mariés le 28 septembre 1890 à Saint Rémy. Le couple aura 3 filles (Félicia, Catherine et Jeanne) et 1 garçon = Jean en 1905, à peine plus d'un an après la naissance de Jean, Catherine, la mère décédera à Saint-Rémy.


Elle a donc le prénom de sa maman : Catherine comme on peut aussi le voir sur le recensement de 1901. Pourtant tout le monde la connait uniquement avec le prénom « IDA ».

Mais d’où vient donc ce prénom inconnu dans la famille ? Trop jeune pour poser la question aux anciens, et mon père n’en savait pas plus, aujourd’hui je n’en saurais rien. Son futur mari, aussi son cousin germain, >avait aussi un prénom d’usage différent de son prénom de baptême.



Elle vient juste d'avoir 18 ans lorsque est envisagé le mariage avec Antoine appelé Félicien Filet, né à Pineuilh (Gironde), le 22 juillet 1889, fils d'Antoine Filet et Maria Gueybaud. Leurs pères étant frères, ils ont pour grands parents en commun Jean Filet et Marie Marche et donc sont cousins germains. Ce qui a nécessité lors du mariage, une dispense pour consanguinité au deuxième degré.

Leur mariage a lieu le 21 juin 1913 à Saint-Rémy en Dordogne chez Catherine Ida.

C’est à Eynesse qu’ils auront leurs cinq enfants, au château du Barrail. Félicie en 1914, puis Georgette, Marguerite, Pierre et Lucette en 1929. Bien qu'ayant perdu la vision d'un œil suite à un coup de sabot de cheval, Antoine participera à la guerre 14-18.


Vers 1925, à cause d'une insolation et une mauvaise intervention subie à l'hôpital, elle deviendra sourde pour le restant de sa vie.
Je n'ai donc jamais entendu sa voix.
Vers 1950, la famille sera domiciliée à Jarnac, toujours à Eynesse. Ensuite Ida sera chez sa fille Lucette, au Pont-de-La-Beauze et enfin à Pineuilh, toujours en Gironde.

Antoine "Félicien" décédera à Eynesse (Gironde), le 17 Juillet 1951, âgé de 61 ans.
Elle décédera à Pineuilh (Gironde), le 27 octobre 1972, âgée de 77 ans.
Leur sépulture est dans le cimetière d'Eynesse.

Par Jean-Louis FILET.

vendredi 9 novembre 2018

Henri BOISSEAU un grand-père parti trop tôt

Les origines

BOISSEAU est un nom de famille dérivé de BOISSEL mais c’est aussi, entre autre, la mesure de capacité pour les grains. Ce nom m’a été transmis par mes ancêtres originaires de la commune de LISLE et de ses environs faisant partie du canton de BRANTOME.

Mon grand-père, Henri, né le 26 janvier 1900 à ROCHEREIL, commune de LISLE, est l’enfant de Denis BOISSEAU, âgé de 35 ans et de Noémie DEMOULINS, âgée de 20 ans exerçant tous deux le métier de cultivateur, qui valut à Noémie, en 1928, la médaille d’honneur agricole. Les témoins de cette naissance, domiciliés à LISLE, sont Mathurin COUSTILLAS, cabaretier âgé de 39 ans et Pierre BESSINE, chaisier, âgé de 32 ans.


En 1901, il habite à LA ROCHETTE au n° 168, avec ses parents et ses grands-parents maternels Antoine DEMOULINS et Marie COLOMBEIX, âgés respectivement de 63 ans et 57 ans, exerçant le métier de cultivateur tous les deux. En 1908, une petite sœur vint au monde et elle se nommait Eva. L’adulte Il devint un homme aux cheveux châtain clair et yeux bleus mesurant 1,66 m qui ne laissa pas ma grand-mère, Marie DUPUY née à LA MONERIE, commune de LISLE, indifférente. Cet amour a eu pour conséquence une grossesse avant mariage. Un garçon est né et a été bien fêté. Les témoins partis à pieds pour la déclaration à la Mairie qui était à quelques km, se sont arrêtés sur le chemin pour annoncer la naissance. Bien sûr c’était l’occasion pour boire un verre ensemble, mais après quelques maisons visitées, la naissance a été déclarée avec une journée de décalage et .cet enfant qui devait s’appeler Gabriel Maurice, a été déclaré Maurice Gabriel. Il a été reconnu par le mariage de ses parents le 1er octobre 1920.

Henri a effectué son service militaire, qui, depuis la loi de 1905, durait 2 années. Il incorpora le 21ème régiment d’artillerie au mois de mars 1920 et fut nommé Premier Canonnier conducteur en octobre. Il fut envoyé en disponibilité avec certificat de bonne conduite en mars 1922. Il passa dans la réserve de l’armée active classé dans l’affectation spéciale en qualité d’homme d’équipe jusqu’en 1924.


Le changement de vie

En 1922, ne voulant pas continuer la vie de cultivateur de ses parents et ancêtres, il prit femme et enfant et s’installa à CAMBRAI dans le Nord où il fut embauché aux Chemins de Fer. Un deuxième enfant, Robert, est né en 1926. En 1932, il déménagea à SOLESMES où est né mon père, René, en 1934. En 1937, il posa ses cartons et valises dans l’Aisne à SAINT-QUENTIN, où je suis née, et habita une maison mise à disposition par les chemins de fer qui devint la SNCF le 1er janvier 1938. Il resta dans la cité des cheminots de GAUCHY, petit village proche de SAINT-QUENTIN, jusqu’en 1955, année de sa retraite.

La retraite

Obligé de quitter la cité des cheminots, il emménagea avec sa femme dans une maison en location dans une rue du centre-ville de SAINT-QUENTIN. Son désir aurait été de retourner vivre à LISLE, mais ma grand-mère voulait rester près de ses enfants et petits-enfants. 1960, ma naissance et la petite fille que mes grands-parents n’ont pas pu avoir, n’ayant eu que des garçons qui leur ont donné des petits fils, allait devenir leur centre d’intérêt. Mon grand-père était devenu un homme aux cheveux blancs, très élégant. Il se promenait beaucoup dans la ville et était surnommé « Jean Gabin » ayant la même allure physique et une chevelure aussi abondante.

Mais malheureusement, je n’ai pas pu lui rendre l’amour qu’il m’a donné car je me souviens avoir eu peur de lui au point de me cacher sous la table quand il arrivait. Cette attitude était dû au fait qu’il n’avait pas perdu son patois périgourdin et la petite fille que j’étais ne comprenait pas ce grand-père qui n’hésitait pourtant pas à passer la nuit dans un autre lit pour calmer les peurs que j’avais, en me laissant dormir avec ma grand-mère. Pour les repas, il n’avait pas oublié ses origines et commençait toujours par de la soupe dans laquelle il mettait du vin avant de la finir, fa chabròu.

Ses plus grands voyages ont été les allers-retours en train de SAINT-QUENTIN à LISLE pour rendre visite à ses parents.
Mais un voyage qu’il a fait pour venir me chercher chez son fils ainé, Maurice, qui vivait en Normandie où je passais mes vacances, m’a laissé un souvenir mémorable. Départ de la maison de mon oncle en bus jusqu’à la gare de CAEN où mon grand-père m’installe dans le train et s’en va. A 10 ans, l’imagination vous fait vivre des moments pathétiques et la peur de l’abandon s’installe. Mais non, il revient un sandwich à la main ne s’étant pas rendu compte de l’impact que cette absence avait eu sur sa petite fille, trop content de n’avoir pas oublié qu’elle aurait peut-être faim pendant le voyage. Arrivée chez mes grands-parents, trop contente de raconter l’anecdote de l’abandon à ma grand-mère qui n’a pu s’empêcher de le réprimander en lui précisant qu’il ne devait plus faire cela maintenant comme il le faisait avec ses fils à l’époque où ils retournaient en famille sur la terre de leurs ancêtres.

La fin de vie

Décembre 1971, une congestion cérébrale, l’AVC de notre époque, l’a emporté en un mois. Au décès de mon grand-père, le secret de famille que ma grand-mère me cachait honteusement tomba, sa grossesse avant le mariage qui est, pour moi, la conséquence de leur amour qui a duré 52 ans et qui serait visible sur un arbre, à côté de Rochereil, découvert par leur fils aîné, où un cœur avec un H et un M ont été gravés. Quelques mois après, ma grand-mère, envahie par le chagrin, mourrait. Elle avait arrêté le traitement qui la préservait de l’infarctus qu’elle a fait en avril 1972. Il n’a pas eu le temps de me transmettre son amour pour le Périgord qu’il a dû quitter jeune pour acquérir une meilleure situation mais dont il avait gardé l’accent pour ne pas perdre ses racines, il a su les transmettre à mon père qui n’a pas manqué, lors de nos retours de vacances, de faire une halte chez nos cousins du Périgord où la petite fille de Henri et Marie a toujours été bien reçue.


Par Sylvie DEBUT.

jeudi 8 novembre 2018

GRENIER Pierre.

Pierre est né au château de Bridoire, commune de Ribagnac, en Août 1811, château dans lequel son père, Jacques GRENIER était vigneron et a exercé aussi les fonctions de valet. Jacques avait épousé Isabelle BON le 8 octobre 1806, également cultivatrice, et ils étaient employés à Bridoire en 1809. Ils ont eu 5 enfants et Pierre est le 3eme de la fratrie.



Sa vie se divise en 3 périodes :
- 1817-1840 : La Dordogne et la vie au pays
- 1840-1848 : Paris et la vie ouvrière
- 1848-1849 : l’Algérie.


1) La Dordogne et la vie au pays :

Les jeunes années de Pierre sont identiques à celles de ses contemporains vivant à la campagne. Il y a appris le métier des champs et de la vigne, mais il a aussi participé aux multiples tâches que le service au château exigeait. Mon père m’a également appris les métiers de service, entre autres celles touchant à l’habillement et la confection. En 1831, soit une année avant l’âge de sa majorité civile, ses parents, Jacques et Isabelle ont engagé une procédure auprès du juge de paix du canton de Sigoulès, visant à faire dresser et enregistrer un acte de notoriété attestant que Pierre était bien leur enfant. Cette démarche s’est révélée indispensable, en raison de l’absence de déclaration dans les livres de l’état civil de la commune de Ribagnac, sans que quiconque ait pu en expliquer la raison. En février 1840, Pierre s’est présenté en mairie de Pomport, (Dordogne), pour déclarer l’enfant hors mariage qu’il a eu avec Marie Anne Munier. Cette déclaration n’a pu être prise que partiellement en compte, dans la mesure où pour la mairie de Pomport, il n’avait toujours pas d’existence légale, l’acte de notoriété n’étant jamais arrivé depuis le bureau d’enregistrement de Bergerac où il séjournait depuis 1831. L’enfant fut prénommé Pierre, né pour l’état civil de Marie Anne Munier et de père inconnu.

Le 12 mai 1840, en possession de son acte de notoriété, dûment homologué par le tribunal d’instance de Bergerac le 7 mai 1840, Pierre et Marie Anne se sont mariés, en présence de Jacques, mais en l’absence d’Isabelle, sa mère, qui ne lui avait pas donné son consentement. Avait-elle un autre projet pour lui ? Toujours est-il que ce désaccord semble être la cause de son exode à Paris. L’acte de mariage qui a été dressé, faisait également état de la reconnaissance de la légitimité de l’enfant né hors mariage. Quelques mois après le mariage, Pierre, Marie Anne et leur enfant quittaient la Dordogne pour rejoindre Paris

2) Leur vie à Paris

Ils ont habité le 9eme arrondissement ; arrondissement très populaire ou s’entassaient ouvriers, petits artisans, et nouveaux arrivants. Pierre gagnait sa vie en étant tailleur d’habits, activité très répandue à l’époque…

Pierre participe à la révolution de février 1848 qui fait 10 000 morts. Il est blessé au bras gauche, a été ramassé sur la barricade, transporté chez M. Dutaitre et soigné par la mère de ce monsieur. S’il n’a pas été fusillé, c’est grâce à sa blessure.

3) L’Algérie

A cette époque, l’Algérie vient d’être conquise et est en cours de colonisation, donc Pierre et sa famille partent, avec le 2eme convoi et arrivent en Algérie en fin d’année 1848, où ils ont eu une concession de 15ha sur le territoire de Saint Aimé dans l’Oranais, à Arzess exactement. Entre temps, Eugénie est venue agrandir la famille. Elle est née le 16 août 1841 et Marie Anne était de nouveau enceinte de leur 3eme enfant, Louis (né en 1849), lors de leur départ en Algérie le 15 octobre 1848 avec le 2eme convoi. Pierre, (décédé le 23 octobre 1849), son épouse Marie Anne (décédée le 18 octobre 1849) et leur dernier-né Louis, meurent à la fin de l’année 1849, du choléra, épidémie survenue dans la région. Ils laissent 2 orphelins en bas-âge, Pierre et Eugénie. Ceux-ci sont recueillis dans un couvent, puis placés dans une famille d’accueil à Relizane (Algérie).






Relizane.





Par Maryse GRENIER.

mercredi 7 novembre 2018

FILET Pierre Philmemon Mplf


Quelle triste fin, pour ce vaillant soldat qui a fait toute la durée de la guerre 14-18, au sein du 126e régiment d’Infanterie. L’armistice vient d’être signé depuis hier quand des gendarmes viennent lui demander de rejoindre illico son régiment …





Il est né le 12 avril 1891 à Saint Pardoux-Vielvic dans le sud-est du département de la Dordogne, fils de Jean Adrien, cultivateur et de Marguerite Philippine Filet. Il aura une sœur Jeanne Adrienne plus jeune. Un beau garçon d’un mètre 69, aux cheveux châtains et yeux bleus, il sera aussi cultivateur.

La famille a vécu dans la petite maison ci-dessous qui est aujourd'hui la mairie.

Pas le temps de fonder une famille, en 1912, il est incorporé au service militaire dans le 126e RI.L'orsque survient la guerre, le voilà parti dès le 2 aout, à peine un mois plus tard le 9 septembre il fera partie des nombreux blessés à Chatel-Raoul (au sud de Vitry-le-François), sans pour autant l’empêcher de continuer le combat.

Plus tard, il sera cité à l’ordre du régiment : Le 12 septembre 1917, chargé d’un coup de main, s’est vaillamment élancé sur la tranchée allemande qu’il a minutieusement fouillée ; a rapporté des renseignements utiles et intéressants sur la défense ennemie. Le régiment est dans la région de Suippes en Marne.

Extrait du jmo du jour du régiment pour cette journée du 12 septembre 1917.


On ne sait pas quand, malade, il est venu en permission à Vielvic et n’a pu rejoindre le front, victime d’une maladie pulmonaire. Jeanne, sa jeune sœur, s'est occupée de soigner son frère. Elle décédera par la suite en 1925 à 28 ans, dont la cause est certainement imputable à la même maladie.

Le 12 novembre 1918, au lendemain de la signature de l’armistice, les gendarmes sont venu le chercher, alors que sa mère est aux champs, ils l’insultent, le menacent du Conseil de Guerre, en le traitant de déserteur ; bouleversé, Philémon meurt, victime d’une hémorragie, sous leurs yeux.



Cette histoire n’aurait jamais été connue, si les gendarmes, complètement ivres, ne s’étaient arrêtés chez une voisine sur le chemin du retour pour lui avouer, épouvantés : « Nous avons tué Filet », tout en lui enjoignant de ne pas en parler.


Une petite tombe presque cachée par la végétation dans le cimetière de saint-Pardoux.

Par Jean-Louis FILET.

mardi 6 novembre 2018

ESCORNE Félix.

Mon arrière-arrière-grand-père est né le 3 aout 1844 au Bugue (Dordogne) Il était au moins la 5ème génération prénommé Félix, là où j'en suis. Ses parents étaient Félix Elie ESCORNE (1814-1846) et COLOMBET Marie-Jeanne dite Cadette" (1817-1896) sur laquelle nous reviendrons. La famille ESCORNE était majoritairement des menuisiers, sergeurs, tisserants, mais aussi maréchaux-ferrants, forgerons. Il se trouve même un vétérinaire. Tous signaient déjà en 1739 pour le plus ancien sosa connu actuellement de cette lignée, très nombreux il est difficile de cerner qui est qui, mêmes prénoms, mêmes patronymes !

Je n'ai connaissance que d'une sœur de Félix, cependant témoin du contrat de mariage de son demi-frère, Jean GUARRIGUE issu du second mariage de leur mère : Marie-Jeanne COLOMBET avec François GUARRIGUE, propriétaire agriculteur également.

signature d'ESCORNE Félix, dit Dondé 1739 son arrière arrière-grand-père


Le couple n'a eu que 2 enfants à ma connaissance, Berthe mon arrière-grand-mère (1872-1948) et Marie Blanche (1876-?) qui ne dut pas vivre longtemps car je n'en ai aucune trace par la suite.

VINT L'HEURE DE SON ENGAGEMENT MILITAIRE

A l'âge de 20 ans, Félix partit au régiment probablement en 1864. J'apprends donc sur son contrat de mariage qu'il était en 1871 soldat au septième régiment de hussards, en garnison à Castres, et renvoyé dans ses foyers comme étant versé dans la réserve. De ces 7 ans d'armée et probablement de guerre, puisqu'il y a eu des conflits dans ce laps de temps, ce que j'ai pu en constater, c'est qu'à 20 ans j'ai un très beau jeune homme en photo et en 1871 une photo en soldat, où, physiquement il semble marqué, ayant même une calvitie importante alors qu'il n'a que 27 ans. Qu'a t'il vécu ? A t’il été prisonnier en Allemagne comme je l'ai lu concernant ce 7e bataillon de Hussards ? J'ai bien peur de ne pas avoir la réponse à temps pour vous le faire savoir, venant juste de lancer une demande afin de retracer son parcours militaire.

Je n'ai collecté pour l'instant que ce résumé concernant ce dit 7ème régiment de hussards.



Talleyrand est promu Lieutenant-colonel au 7ème Hussards le 05 août 1869. Il était père d'une petite Charlotte-Louise-Marie-Thérèse depuis le 4 Juin. Il participe à la guerre de 1870 - subira le sort de l'Armée de Metz et partira en captivité en Allemagne, où on le croise sous la plume de Henri Choppin, dans son "Journal de captivité d'un officier de l'armée du Rhin (27 octobre 1870-18 mars 1871)" : "Beaucoup d'anecdotes viennent sous ma plume pour compléter le tableau de la désolation de ce camp de toutes les misères. Je n'ai pas le courage de l'entreprendre et, en attendant des temps meilleurs, me plonge dans les Rêveries du maréchal de Saxe, que le lieutenant-colonel du 7e de hussards, M. de Talleyrand- Périgord, a eu l'amabilité de me prêter." L’historique du 7e Hussards nous précise : "Le lieutenant-colonel de Talleyrand, rentré de captivité, prit le commandement du dépôt à la date du 26 mars (1871). Il le conservera jusqu'au 12 avril, jour de la rentrée du colonel Chaussée". Il figure à l'Etat-Major du régiment reconstitué à Castres en mai 1871, sur la base du Dépôt du 7e Hussards, du 3e Hussards de Marche, et des hommes et cadres rentrés de captivité.




Félix ESCORNE 1871    .     Felix ESCORNE 1864


Félix, placé dans la réserve militaire, a peut-être été accomplir des périodes d'exercices, je l'ignore donc encore ! Ainsi rentré dans ses foyers, il reprit son métier de Sellier.




ET PUIS FÉLIX CONVOLA EN JUSTES NOCES AVEC LA JOLIE NINA

Félix, le 24 Octobre 1871 au Bugue prit pour épouse Jeanne COLOMBET, sans profession, fille de Jean Henri COLOMBET, propriétaire cultivateur (1814-1871) et Marie DELFOUR (1818-1852). Lorsque Marie mourut Jeanne n'avait que 2 ans. Son père l'avait épousée en seconde noce, étant veuf de la sœur de Marie = Anne DELFOUR, décédée en 1845. Elles étaient originaires de Coux et Bigaroque, village tout proche du Bugue. Ils firent un contrat de mariage, sur lequel Félix semble avoir hérité d'une somme assez importante pour l'époque, suite à la succession de son père et de ses propres économies (noté ainsi). Sa mère, elle, Marie Jeanne COLOMBET étant remariée.

Nina quant à elle, se donne le droit d'accepter ou pas la succession de son père le décès de ce dernier ne remontant qu'à un peu plus de 2 mois, mais aussi se réservant pour plus tard celles de sa mère et de son grand-père maternel, sa grand-mère Françoise Rose BRU (1788-1873) étant encore en vie. Cette dernière était fille de bourgeois du bourg d'Urval. Nina a dû accepter les conditions de tous car les propriétés terriennes et les biens divers étaient toujours dans la famille dans son enfance. Félix et Nina avaient un point commun : ils étaient cousins ! Suite à des veuvages et remariages, ils se sont trouvés tous deux être les petits-enfants du couple Jean COLOMBET (1786-1849) et Jeanne CARBONNIERES (1792-1855) d'où ce cousinage.

Au plus haut que je sois remontée, les COLOMBET ont toujours été présents sur le lieu-dit du Bugue : Cumon, tous en tant que propriétaires agriculteurs. Tous signaient.


Jean Henri Colombet pére de Nina

Les cousins de Nina firent tous de belles carrières, dont un chevalier de la Légion d'Honneur. Cette famille COLOMBET resta très longtemps très unie à en juger les photos de l'album familial. Quant aux CARBONNIERES, grande famille toujours attachée aux forges des environs, Mauzens Miremont, Les Eyzies, où je les trouve Maitres de Forges ou Hommes d'affaires, ils jouissaient déjà d'une certaine éducation. Je trouve même le grand-père de Jeanne ; Henri CARBONNIERES en voyage d'affaires sur le navire "Le Souverain" partant pour Saint-Domingue en 1771.

Il est noté : Taille grande, 40 ans, originaire de Miremont (Dordogne), religion catholique, signé le capitaine du "Souverain"

''Je ne suis pas encore parvenue a remonter plus haut que 1735, mais il se trouve de nombreuses présences d'ESCORNE sur Mauzens-et-Miremont et les Eyzies, ce qui me laisse à penser fortement au fait qu'ils 
furent également d'anciens forgerons les forges étant nombreuses dans le coin, De nombreux cousins maréchaux-ferrants partageaient toujours ce même prénom de Félix Helix, Eli voire même Philix (tous plus 
ou moins ayant subi de grandes variations).''




Félix finit sa vie un matin du mois de février 1917 a l’âge de 72 ans, quant à Nina ses petites-filles (maman et ma tante Christiane) purent en profiter un peu plus longtemps car elle leur faussa compagnie en 1948, elle avait 75 ans.





Félix et Nina sur leurs vieux jours.



Tous deux reposent dans le caveau familial du Bugue, au pied du coteau surplombé par la grotte de Bara-Bahau, là, juste au-dessus.




Par Annie-Alice MOUNIER.

lundi 5 novembre 2018

DAILHAC Thomas

Thomas Dailhac voit le jour à Bergerac le dimanche 07 novembre 1784. Il est le fils de Bernard, marchand et Marie Jats. Il sera baptisé protestant avec pour parrain, son grand père Thomas Jats et pour marraine Marie Dailhac sa tante.


Il va exercer la profession de marchand et de succession en succession enrichira le patrimoine de sa famille. En 1806, il est militaire au 6° régiment d’infanterie de ligne, il est nommé caporal le 1er janvier 1807 et participe à la campagne de Calabre (royaume de Naples) en Italie ; il est nommé fourrier le 6 février 1808 puis sergent, il suit alors son régiment en Allemagne. Le 1er janvier 1810 il passe à la 30 légion de gendarmerie impériale, il est alors brigadier à cheval.


Le 22 juin 1814, il reçoit du maréchal d’empire Moncey, l’autorisation de quitter l’armée et de se retirer à Bergerac, il a 30 ans.



Le 18 décembre 1817 Thomas épouse Marie-Rose Blanchard. Deux enfants voient le jour de cette union : Bernard, le 23 novembre 1818 Jean Daniel (mon ancêtre) le 10 septembre 1820. Marie-Rose décède 23 septembre 1820, deux semaines après la naissance de Jean Daniel. Bernard décède le 23 novembre 1827, Jean Daniel hérite avec son père des biens de sa mère ainsi que de la sœur de celle-ci décédée.

''Thomas ne reste pas longtemps veuf, il épouse à Colombier, le 07 janvier 1822, Marie-Sophie Lacoste. ''

Signatures des mariés et témoins

Ils ont 4 enfants, tous nés à Bergerac dans la « Grand’Rue » Marius le 29 novembre 1822, commis banquier, célibataire, il décède à Bergerac le 31 mars 1869 Rose dite Marie Rose le 08 juin 1825 Marie dite Marie Zaida le 25 novembre 1828 Elida, dite Marie Elida le 22 septembre 1833 Marie Rose et Marie Zaida, restent célibataires et vont tenir une mercerie __ Thomas décède le 19 mai 1859 à Monbazillac.__



---

Les successions

Thomas hérite de sa mère Marie Jats d’un vignoble sur la commune de Monbazillac à la Gueylardie Marie-Rose cohéritière avec sa sœur hérite d’une maison à Bergerac rue du Mourier, de divers mobiliers et sommes d’argent. Cette maison sera vendue à son décès. Avec l’héritage des parents de Marie Lacoste, le couple achète une maison place de la sous-préfecture (actuellement place Gambetta) ; puis en 1824, le moulin de Malfourat ainsi qu’une maison et des pièces de vignes à Monbazillac.

Seul Jean Daniel et Marie Elida auront une descendance. Jean Daniel aura une fille unique, mon arrière-grand-mère Marguerite, et Marie Elida un fils Daniel Morel qui décédera célibataire.

De nombreuses et laborieuses transactions et donations ont été nécessaires pour arriver à la transmission de ce patrimoine à travers les générations. Au fil des années, les terrains acquis par Thomas et son fils Jean Daniel seront morcelés et revendus ; il ne reste de cet héritage, aujourd’hui, que la maison de la place Gambetta. De nombreuses et laborieuses transactions et donations ont été nécessaires pour arriver à la transmission de ce patrimoine à travers les générations.

L’essentiel se trouve dans cette liasse de papiers, trouvée dans un tiroir, sans doute écrits à la fin du XIXè siècle.



__Par Geneviève COULAUD. __

samedi 3 novembre 2018

Chabanne, la double vie d'Elie prêtre.

Elie Chabanne, fils d'Antoine Chabanne et de Françoise Aubarbier est un enfant d'une famille de notables. Ses parents ont le titre de Sieur et de Demoiselle portés sur son acte de naissance ! De même son grand-père Arnaud Chabanne était Sieur de Lacoste. D'après mes recherches, la famille a des liens de parenté avec la famille de Hautefort. Elie est né à Four de Marty sur la commune de Bars le 5 février 1768.


Acte de naissance d'Elie ! http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07004_002/viewer.htmlte p 200/546

Sixième d'une famille de neuf enfants et troisième fils vivant, comme dans beaucoup de famille de notables à cette époque, les Chabanne, n'eurent sans doute pas d'autre choix que de diriger Elie vers la prêtrise pour lui donner une condition sociale.

Où a t’il exercé son ministère ? Nous l'ignorons. Il est vrai que nous retrouvons à La Bachellerie un prêtre du nom de CHABANNE. S’agit-il de la même personne mariée le 06 avril 1832 à Bars avec Marguerite Bernard ? --- ''http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07002_068/viewer.html page 6&7/10" '
En déchiffrant l'acte, on va de surprises en surprises. Non seulement il se marie, mais on lui découvre deux enfants de vingt-six ans et vingt-quatre ans ! Ces deux enfants sont nés à Bars dans la propriété Puy Peyroux : Marie en 1806 et Pierre en 1808. Ils sont déclarés en 1811 à la mairie de Fanlac. Elie Chabanne Claude est déclaré alors cultivateur. Il mentionne être le père de ces enfants et Marguerite Bernard, sa servante, en être la mère.
Acte de naissance de Marie Chabanne.
''Acte de naissance de Pierre Chabanne."

"http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Fanlac/FRAD024_5MI56501_045/viewer.html pages 4&5 /20''

''Extrait de l’acte de mariage de Marie Chabanne avec Guillaume Lafaysse le 05 10 1826 son cousin germain (la mère de Guillaume était la sœur d’Elie)" http://archives-num.dordogne.fr/pleade342/img-viewer/etat-civil/Bars/FRAD02410_5MI07002_051/viewer.html pages 16&17/23

Par Bernadette FONDRIEST.

vendredi 2 novembre 2018

BERTRAND Jean dit Henri, mon grand-père.

Sur sa Fiche Matricule, son degré d’instruction est « 3 », Henri sait donc lire, écrire et compter. Ecrire, est un bien grand mot pour ce grand-père qui les aligne, les uns derrière les autres sans grammaire ni ponctuation ni orthographe. Il mélange allègrement patois, français, il chuinte, les J et les S sont des CH, il écrit comme il parle. Quand un mot est trop compliqué pour lui, il ne le termine pas ou ce sont des fins de phrases qui restent en suspens …. A moi de deviner, de prendre la loupe, de mettre dans tous les sens cette lettre afin de lire et comprendre. J’avoue qu’après la lecture des trois premières cartes non écrites par Henri, j’ai failli abandonner. Ma curiosité m’a poussé à lire plus de 800 lettres destinées à Maria, ma grand-mère. Elle avait mis son trésor dans une boite en fer : lettres, cartes postales, cartes de correspondance, classées date par date, année par année, chaque paquet minutieusement ficelé avec de la laine noire. Ces lettres auraient pu être jetées, brûlées lors des divers aménagements de la maison familiale et le décès de Maria en 1968. Elles sont restées au grenier, puis descendues dans un buffet, mises dans une armoire et sont arrivées chez moi sur une étagère attendant que je veuille bien en commencer la lecture, un jour….Ce que j’ai fait, il y a environ cinq ans.
Henri en 1903.


Ce que je sais et ce que je connais de mon grand-père Henri vient la seule lecture de ces lettres écrites au front et pendant l’occupation de l’Allemagne, pendant un peu plus de quatre années à faire « mon métier de soldat et que j’y suis obligé » écrit-il. Comment ne pas admirer cet homme qui par amour pour sa femme lui envoie toutes ces preuves de vie ?

Ma fastidieuse lecture commence par une carte-lettre du 5 Août 1914 et se termine par une dernière lettre datée du 18 Février 1919. J’apprends à lire ce paysan qui me fait plus souvent pleurer que rire. Henri laisse filtrer parfois un peu d’humour mais ne cache pas à sa femme son anxiété, sa colère, sa peur, son cafard. Il se raccroche au Bon Dieu et prie tous les jours, demande dans toutes ses lettres à Maria d’en faire autant, « de faire brûler un cierge », d’aller à la messe. Dieu le protégera et leur permettra de « se retrouver ensemble à Champagnac ». Henri est à la guerre mais son inquiétude porte sur la métairie laissée à Maria, à sa mère et à sa belle-sœur. Comment vont-elles faire ? L’aide vient de la famille de Maria, des voisins et des frères revenus en permission.

''Ces années d’écriture assouplissent le poignet d’Henri, l’écriture est plus fluide qu’il emploie le crayon à papier, le crayon mauve, le porte-plume et même le stylo-plume, sans pour autant corriger ses fautes ! ''
Jean dit Henri naît le 21 Avril 1883 au village de Fialarge de Champagnac-de-Belair où ses parents Pierre et Pétronille LAFAYE sont métayers de chez ESPES-LESCAT. Pierre, bon métayer, reçoit la Médaille d'Honneur Agricole en 1901. Henri est le dernier d’une fratrie de sept garçons.

Pétronille a 17 ans lorsqu’elle donne le jour à son premier enfant :

	Jacques le 27 Janvier 1870 à Verneuil. Il décède le 16 Mai de la même année.

Puis naît aussi à Verneuil :

	Léonard dit Jacques, le 29 Juillet 1871.

La famille loue la métairie de Fialarge et naissent dans ce hameau :

	Jacques dit Louis, le 22 Octobre 1873. Il décède en 1899.
	 Jacques dit Bertrand puis Jacquillou le 22 Octobre 1875
	Geoffroy dit François le 3 Novembre 1877. 
	Pierre dit Emile, le 22 Avril 1881.

Henri, 8 ans en 1891 n’est pas un élève assidu dans cette nouvelle école mixte de Champagnac-de-Belair, inaugurée vers 1890. Pourtant la famille BERTRAND habite à Saint-Marc, hameau en haut du bourg, sur la route de Villars. Il fait comme tous les autres écoliers, fils de paysans qui restent aider à la ferme.

Ses frères aînés apprennent aussi à lire et à écrire, pour certains, dans l’ancienne école de garçons qui abritera plus tard les locaux de la poste. Ce peu d’instruction leur permet de correspondre avec leur famille, leurs amis et entre eux sur le front. Ce courrier, ces nouvelles, ce lien familial entretenu au fil des jours, des années, les aide à rester « aux tranchées » et à espérer le retour au pays « en attendant que cette maudite guerre se termine pour qu'on se retrouve tous ensemble à Champagnac, comme on était avant, qu'on était si heureux ».

Henri épouse à la mairie de Champagnac, le 9 Avril 1910 Marie dite « la petite Maria ». Elle vient des Brageots, hameau de Saint-Crépin-de-Richemont où ses parents Barthélémy FAYE et Antoinette MATHIEU sont propriétaires-cultivateurs. Le couple s’installe à la métairie du Petit-Mars qui appartient à la famille BARBY, où naîtra leur seul fils Paul-André le 14 Août 1918, mon père. Pétronille, belle-mère de Maria, vit avec le jeune couple. Léonard dit Jacques et son épouse « la grosse Maria », sont aussi métayers au Petit-Mars.

Henri
& Maria

En ce début du mois d’Août 1914, le tocsin sonne à Champagnac, Henri, ses quatre frères et tous leurs camarades savent qu’il faut partir rejoindre leur caserne. A-t-il pris le tacot à la petite gare de Champagnac ? Maria l’a-t-elle accompagné jusqu’à Brantôme ou Périgueux ? Sur le quai de quelle gare se sont-ils serrés dans les bras une dernière fois et ont-ils pleuré ensemble ? Est-ce à ce moment-là que Maria lui demande de lui écrire le plus souvent possible ?

Ses frères sont tous déjà revenus dans leur foyer lorsque retrouve Maria au Petit-Mars le 1er Mars 1919. La guerre les a tous épargnés.

Je retrouve Henri ainsi que Jacques, Léonard et François (Emile réside à Brantôme) lors d’une réunion de l’Union Nationale des Combattants, section de Champagnac-de-Belair à l’assemblée Générale du 9 septembre 1919 qui a pour but de fonder une association. Un bureau est formé, Henri est nommé assesseur. Dans mes papiers de famille, je n’ai pas retrouvé d’écrits d’Henri si ce n’est une signature apposée sur divers documents. Je pense qu’il n’a plus jamais écrit de lettres.

Il décède le 3 Octobre 1939 au hameau de Cheynoux de Champagnac dans la maison qu’il avait achetée en 1928 « à la bougie ».

Marie Paule BERTAND-BLANCHARD.

jeudi 1 novembre 2018

ALONZO Pétra, la grand-mère espagnole.

Du plus loin que je me souvienne, mon grand-père Laforêt nous parlait de son aïeule espagnole.

Que de regrets de ne pas l’avoir questionné ! Mais nous les petits-enfants, pensions qu’il radotait un peu. Lorsque je me lance dans la généalogie, maman me rappelle cette histoire, en me précisant que c’était certainement dans la famille de Villamblard. A la recherche du mariage de Pierre Barbary, j’épluchais les registres lorsqu'un nom attire mon regard : Alonzo ! Je parcours l’acte et m’aperçois qu’il s’agit du mariage de Pierre Barbary (mon ancêtre) et de Pétra Alonzo, née en Espagne. Heureuse de ma découverte, elle existait bien cette « mémé » espagnole, mais comment était-elle arrivée au « fin fonds « du Périgord blanc au début du 19e siècle ?

Pétra Paula Alonzo voit le jour le 30 Juin 1784 dans la paroisse de San Andres à Valladolid Espagne. Elle est la fille de Nicolas Alonso et de Jeanne Macias qui se marient le 17 septembre 1773 à San Andrès de Valladolid, ils décèderont en 1809 à deux mois d’intervalle dans un hôpital à Valladolid, suite à une forte épidémie de fièvre typhoïde. Nicolas est fils de Basilio Alonzo et d'Antonia Santos, Jeanne, de Antonio Macias et de Ana Espinosa. Ils auront 9 enfants, 2 filles et 7 sept garçons.

> -	Santiago ALONSO MACIAS né le 25 Juillet 1774 à San Pédro de Valladolid
> -	Rosendo né le 03 mars1776 à San Pédro
> -	Augustin né le 02 Septembre 1781 à San Pédro
> -	Pablo né le 15 Janvier 1783 à San Andrès de Valladolid
> -	Pétra Paula née le 30 juin 1784 à San Andrès
> -	Juan Pablo né le 26 Juin 1788 à San Andrès 
> -	Maria Aquilina Alonso née le 06 Janvier 1790 à San Andrès
> -	Pablo né le 15 Janvier 1793 à La Ascuncion Valladolid
> -	Lauréano né le 24 juillet 1794 à La Ascuncion  Villabanez Valladolid

Il y a beaucoup d’inconnu dans sa vie, entre sa naissance, sans doute a-elle-vécu à Valladolid avec sa famille, et sa vie à Villamblard. En 1809 elle accouche à Oropéza en Espagne d’Antoine, fils de Pierre Barbary. Son futur époux, Pierre était sans doute militaire, raison pour laquelle il se trouvait en Espagne pendant les guerres napoléoniennes. Peut-être était-il dans le IIème corps de l’armée française qui était cantonné dans la région d’Oropéza.

En 1816, on retrouve le couple à Villamblard à la naissance de leur deuxième enfant.

Pierre et Pétra se sont mariés à Villamblard le 8 décembre 1824, de cette union naitront 5 enfants : 1 en Espagne, Antoine et 4 à Villamblard : Pierre en 1816, Anne en 1819, Jeanne en 1822 et Pierre en 1826. Seul Pierre est né après le mariage de ses parents.

Mariage d’Antoine en le 22 septembre 1834 à Montagnac-la-Crempse avec Françoise Bourbon.

Pétra décède à Villamblard le 15 mai 1834. En 1936, Pierre vit avec son fils Pierre et ses 3 autres enfants. Ils sont tailleurs comme l’indique le registre de recensement.




Pierre Barbary, fils de Pierre et de Pétra Alonzo, naquit à Villamblard en 1816, il épouse Marie Célérier, ce sont les grands parents de Louis Laforêt.

Une de leur fille, Louise, voit le jour le 4 août 1852 à Villamblard, elle épouse Louis Laforêt, ils auront 4 enfants : - Louise née en 1883. - Marie Anne née et décédée en 1884. - Marie Louise née en 1885. - Louis mon grand-père maternel né en 1888.

De père en fils, les hommes étaient tailleurs d’habits et leurs épouses couturières ; Louis, mon grand-père sera militaire puis viticulteur.

Par Geneviève COULAUD.

mercredi 3 octobre 2018

Bienvenue sur le blog de l'amicale genea24 !

Au fil des jours de novembre, à raison d'une lettre par jour, nous vous offrirons un article sur un de nos nombreux ancêtres Périgordins.

.